brève d’atelier {06} : cueillette de murs sauvages

Le week-end dernier, j’ai animé le stage Cueillette de murs sauvages, un atelier d’écriture qui me tenait beaucoup à cœur et qui germait dans mon esprit depuis plus d’un an. Vous pouvez en découvrir l’intitulé ici.

Mais avant de vous le raconter, je dois quand même dire que je suis très fière de cet intitulé. Moi quand j’ai eu l’idée du titre :

Bon ok, c’est bien mignon, les jeux de mots, mais il faut quand même que ça serve un propos. Donc, pourquoi cet atelier ?

Je voulais qu’on parle de l’individu dans l’espace public, de l’appropriation du territoire (un de mes thèmes de prédilection), de la colonisation des lieux par la publicité, de l’inscription de l’écrit dans la ville, de la place et des rôles du mur. Pfiou. Conclusion post-week-end : il faudrait un ou deux jours de plus !

Je voulais aussi qu’on y expérimente des choses : nous sommes sorties (pas encore tout à fait assez à mon goût), avec pour objectifs de lire la ville, de l’écouter, de relever ses empreintes. Nous avons réfléchi à des choses à y inscrire. Bien que toutes nos pratiques soient restées légales (coucou la Maison du Livre qui hébergeait l’atelier !), elles ont provoqué un certain nombre de regards étonnés ou amusés, et d’interrogations directes ou dissimulées. Parfait pour alimenter ma joie de provoquer le lien !

Je voulais enfin y faire (re)découvir – parce que c’est quand même bien une des raisons pour lesquelles j’anime des ateliers –  plein de textes aimés. J’ai donc pioché, entre autre, chez Guillevic, Lola Lafon, Georges Perec, Régine Robin, Nâzim Hikmet, et Olivier Salon.

Pour le plaisir de prolonger ce week-end d’atelier, je vous en partage trois petites bribes

1) Nourritures terrestres

L’idée était délicieuse, sa réalisation aussi : un participant a apporté de la confiture de mûres sauvages maison pour l’occasion. Quand les participantes à la fin des deux jours ont dit qu’elles étaient nourries, soyez certain.e.s que ce n’était pas qu’au sens figuré !

2) Murs de briques

Pour se mettre en jambes, nous avons d’abord réfléchi à la question : entre quoi et quoi est-ce que le mur se met ? (la liberté et l’enfermement, le chaud de l’intérieur, le froid de l’extérieur, etc.) Puis, chacune a créé un jeu de Bristols, à la manière de Frédéric Forte, sur un des deux pôles choisis.

En bref, les Bristols sont un jeu de cartes avec des mots et expressions autour d’un même thème (c’est un peu plus contraint que ça mais je vous passe les détails). Le jeu de cartes pouvant être battu et rebattu, et la succession des cartes jamais la même, il y a donc un nombre de poèmes possibles très important. Nous avons ensuite lu les Bristols opposés en alternance, pour faire un blitz-bristol.

Nous avons enfin créé un mur en imaginant que chaque bristol était une brique. Il s’agissait de choisir où nous posions chaque brique, pour qu’elle aille avec celles autour.

Moment joyeux et à forte densité d’étincelles poétiques.

Le lendemain, les briques nous ont aussi permis d’imaginer des slogans à écrire sur les murs.

3) Caviardages pour espace public

Ma passion pour Trends (magazine d’économie et finances) n’étant pas encore épuisée, j’avais apporté deux numéros intacts pour qu’on puisse s’amuser un peu.

Consigne : créer des messages à afficher dans l’espace public.

Il n’y a rien à expliquer. Vous marchez. L’expérience permet d’envisager sous un nouveau jour, à 360°, le reste.

À Bruxelles, appel à soutien au logement. Résistance. Le 1 novembre, on sort sensiblement du capital.

(C’était un appel pour le rassemblement contre la loi anti-squat.)

Et voilà pour les bribes ! C’était dense et riche, avec une belle écoute et un groupe qui n’a pas peur de s’embarquer.

Vivement le prochain !

*

Merci à Charlotte D. pour les photos !

 

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