Ateliers d’écriture à Bruxelles [et ailleurs]

2015-03-16 12.16.46Un jour, alors que je faisais un atelier avec un groupe de femmes en difficultés vis-à-vis de la langue française, l’une d’elles m’a demandé à la fin : « Comment on devient, euh… animali… atéli… amatelier, euh, Amélie d’écriture ? » J’ai eu immédiatement envie d’adopter ce joli surnom, presque déçue de n’y avoir jamais pensé avant. Amélie d’écriture, ah oui évidemment.

Comment devient-on animatrice d’ateliers d’écriture, donc ?

En lisant beaucoup, sans doute. En écrivant autant. En pensant pendant longtemps vouloir faire de l’édition, avant de me rendre compte que peut-être, ce qui m’intéressait le plus, ce n’était pas la publication exactement, mais bien l’acte d’écrire rendu possible pour chacun. Ainsi, cette citation de Rodari me parle tout à fait : « Tous les usages de la parole pour tout le monde : voilà qui me semble être une bonne devise, ayant une belle résonance démocratique. Non pas pour que tout le monde devienne artiste, mais pour que personne ne reste esclave. »

J’ai été formée par Kalame, le réseau des animateur.trice.s d’ateliers d’écriture de Belgique francophone, en 2012, j’ai fait un mémoire sur l’atelier d’écriture en classe de langue, et je participe régulièrement à des masterclasses, des journées d’échanges de pratique, ou de formation continue.

Une vision de l’atelier

Si les publics auprès desquels j’anime sont souvent très différents, ma façon d’animer, elle, est un fil conducteur. Elle est composée de plusieurs éléments. De valeurs qui me tiennent à cœur : créativité, bienveillance et écoute. D’inspirations littéraires dans des textes surtout (mais pas que) contemporains – Laurent Mauvignier, Jeanne Benameur, Laurent Gaudé, Alice Ferney, Siri Hustvedt, Blaise Cendrars, Alessandro Baricco, Georges Perec et tant d’autres. D’orientations oulipiennes, avec l’idée que la contrainte libère l’écriture, et permet de nous emmener dans des endroits où on n’aurait pas forcément mis les pieds tout.e seul.e. Mais tou.te.s celleux qui approchent l’OuLiPo découvrent bientôt que la contrainte peut aussi être détournée, évitée, oubliée, tant qu’elle permet le mot sur la page.

Pour moi, l’atelier d’écriture est à la fois un atelier, donc – un lieu où quelque chose se construit, est en travail, où l’on met la main à la pâte et aux mots ; un laboratoire – un lieu où l’on cherche, où l’on expérimente, sans savoir peut-être ni quoi exactement ni si cela va fonctionner ; un terrain de jeu – un lieu où l’on peut s’amuser (avec la langue, notamment), mais aussi un lieu pensé pour son public, un lieu où l’on évolue en sécurité.

un atelier dans un monastère

© Maja Kuzmanovic

 

Des publics variés

J’anime avec des publics très différents, habitués ou non de l’écriture. Des personnes en apprentissage du français sur des œuvres d’art, des ouvrier.e.s sur des souvenirs d’usine, des citadin.e.s sur leur rapport aux arbres, des adolescent.e.s sur leurs colères, des femmes éloignées de la lecture sur leur (non-)lien avec les livres, des gens habitués de la contrainte littéraire qui en réclament toujours plus, des enfants dans des écoles qui veulent savoir s’ils.elles « ont juste ».

J’aime construire des projets d’ateliers et des ateliers à partir de ce qu’on me dit d’un groupe, de ce que j’en découvre. J’aime les publics que je ne connais pas, et les mondes que j’ignore, parce que j’aime découvrir, réfléchir, ouvrir les horizons, et il faut bien le dire aussi, relever des défis.

Des structures/événements parmi d’autres qui m’ont fait confiance : Bruxelles Laïque, le Réseau de Santé Mentale des Marolles, le Forem, le Réseau louviérois de Lecture Publiquele CPAS de Berchem Sainte-Agathe, la COBEFFla Maison du Livre, les Musées Royaux des Beaux-Arts, la Maison de la Francité, l’Ecole Européenne de Bruxelles 4, le Fiestival, le Théâtre des Tanneurs, Le Maître Mot, Zazie mode d’emploi (Lille), l’association Ping (Nantes), Vibrations Poétiques (La Rochelle)…

Vous trouverez les prochaines dates d’ateliers d’écriture ouverts à tou.te.s ici.

Si vous souhaitez monter un atelier d’écriture dans votre structure, et que ma démarche vous intéresse, n’hésitez pas à me contacter.

En savoir plus sur ma vision des ateliers d’écriture :
– une histoire de pouvoir magique ici ;
« Malaxer la langue, même en FLE », sur Le café pédagogique ;
– « Habiter la langue, habiter un pays ; l’écriture du dépaysement en atelier », mémoire de Master 2, ici.