en flagrant délit de cours nul

Pour des raisons de santé et de la vie qui n’en fait qu’à sa tête et qui se fiche bien de savoir combien j’aime enseigner, j’ai passé quelques semaines sans salle de classe et sans apprenant.e.s en ce début 2016. Et puis quand mon corps et la médecin m’ont, d’un commun accord, autorisée à retourner faire cours, j’étais un peu stressée : et si jamais je ne savais plus faire ? C’est vrai, quoi, la dernière fois après tout, j’avais dû faire cours ASSISE (aberration) parce que je n’avais pas assez de souffle pour aller au bout de mes explications de grammaire ! Encore un coup de ces fichus partitifs sans doute… Bref, trêve de plaisanterie, le fait est que j’étais un peu anxieuse.

En plus, pour tout vous dire, le cours ne s’annonçait pas très folichon : c’était pour un remplacement, avec un groupe de B1 que je ne connaissais pas et que je n’allais jamais revoir (bon, comme ça, au moins, si je me plantais…), avec un point de grammaire à traiter TROP FUNKY : la voie passive. Dans un contexte au moins tout aussi palpitant, puisque le chapitre en cours couvrait 1) les catastrophes naturelles, 2) les incidents en tout genre, et 3) les délits. Amour, sérénité et fleurs partout, quoi. Le vocabulaire que je devais traiter était plus ou moins celui-ci :

 

(la photo est aussi pourrie que la méthode qui en est l'objet) (je ne la citerai donc pas)

(la photo est aussi pourrie que la méthode qui en est l’objet) (je ne la citerai donc pas)

 

Quand j’ai vu ça, j’ai un peu fait la tête et regretté de ne plus être shootée par les médocs de l’hosto pour réussir à trouver ça cool. Parce que mes cours, je les axe plutôt sur du rigolo, du joyeux et du positif (coucou les Zexperts), déjà parce que c’est comme ça que j’aime vivre apprendre et enseigner, mais en plus parce qu’en cours du soir, les apprenant.e.s ont déjà huit heures de taff dans les pattes, et que mon but n’est pas de les achever.

Bon. J’ai commencé à réfléchir à une activité autour des faits divers, mais en trouver des intéressants et qui respectaient le combo cité plus haut (rigolo-joyeux-positif) m’a demandé plus d’énergie que prévu (ratio un fait divers drôle pour cinquante-huit super trash) (je suis sensible), et comme c’était en train de me plomber, j’ai laissé tomber.

Alors j’ai plutôt préparé du thé pour la quatorzième fois de la journée en listant dans ma tête le genre d’activités que je faisais faire à mes apprenant.e.s d’habitude, quel que soit leur niveau. Et j’ai eu cette idée (recyclaaaaage) toute bête, qui ne va pas changer la face du monde ni celle du vocabulaire à voir, mais qui un mercredi soir jusqu’à 20h30 a franchement bien marché :

– Mettez les apprenant.e.s en binômes, et donnez à chaque groupe un fait divers différent.
– Demandez-leur de lire le texte et d’être capables de le reformuler – ils.elles doivent bien comprendre les détails.
– Puis, plutôt que de leur demander de raconter l’incident aux autres (l’étape de la reformulation leur a juste servi à s’approprier le texte), donnez-leur une feuille blanche et demandez-leur de dessiner le fait divers, en incluant tous les détails (un petit compte-à-rebours de 7 ou 8 minutes projeté au tableau peut aider).
– Demandez à ce que chaque groupe passe son dessin au groupe voisin.
– Faites rédiger à chaque binôme le fait divers qu’ils.elles imaginent à partir du dessin (en utilisant des verbes à la voie passive, dont vous aurez étudié le fonctionnement avant, et sans oublier un titre avec une nominalisation).
– Demandez à chaque binôme de lire son article (en mode JT) puis faites lire l’original au groupe qui avait fait le dessin. Fou rire garanti !

Et vous, vous avez des trucs pour faire passer les sujets qui fâchent ? Vous nous racontez ? :-)

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