Le temps qu’il faut

Début avril. Fin d’un programme de coaching que je suivais depuis plusieurs mois pour m’aider à développer mon activité à partir de moi. Anaelle nous fait lister ce qui s’est passé et comment on s’est senties, mois par mois depuis juillet dernier. On plonge dans nos agendas, souvenirs et carnets. On retrace la mémoire.

À l’issue de l’exercice, deux choses sont flagrantes.

  • La première : wahouuu, tout ce qui a bougé !
  • La deuxième : parfois, il faut du temps pour que les choses se passent, prennent leur place. Du temps entre le premier frottement d’inconfort où l’on se dit « ah tiens ? ah bof » et le passage à l’action pour changer ça. Et… je ne suis pas sûre qu’on puisse y faire grand-chose. Qu’on puisse éviter ces périodes-là, les faire disparaître. Tout au plus les observer avec bienveillance et curiosité. Mais clairement, quand on est au milieu du marasme, la bienveillance et la curiosité, on les jetterait bien par la fenêtre.


J’ai l’impression que lorsque les choses sont prêtes à bouger… elles bougent.

Lancer un projet d’autoédition

Cette semaine, j’étais en résidence d’écriture et j’ai travaillé sur l’autoédition de mon livre à venir.

J’ai pris la décision en décembre, et ça fait des mois que je tourne autour. Que j’hésite, que j’envisage mille plans logistiques, que je fais des budgets, que je soupèse différentes options. Bon, que je tourne en rond. J’ai dit aux amies d’écriture : « je ne pars pas d’ici sans avoir décidé qui quoi comment ». Et pourtant, mardi, ce n’était pas DU TOUT prêt à bouger. À chaque piste que les filles proposent, je vois ce qui ne va pas, et quasiment que cela, j’ai des élans de « oui mais » qui empêchent d’aller plus loin.

Quelque chose en soi lutte.

Des cailloux en renfort

Je suis allée marcher. Sur le chemin, j’ai ramassé des cailloux, un par peur que j’avais par rapport à ce projet. En faisant ça, je me suis rendu compte que je n’avais pas été obligée de ramasser quatorze mille cailloux. Non, mes peurs tenaient en six petites pierres au creux de la main. Ça remet déjà du réel, de voir ça. J’ai gardé les cailloux dans ma paume en les faisant changer de place et en les écoutant s’entrechoquer. Parfois, l’un d’eux tombait et je le ramassais. Je leur laissais la place dont ils – les cailloux -, dont elles – les peurs – avaient besoin.

Je suis revenue de ma balade, je les ai posé·e·s, sur et dans mon carnet. J’ai repensé à cette tradition du nouvel an kirghize, où les femmes préparent le sumalak, une bouillie épaisse à base de graines de blé germées et d’eau. Au fond du chaudron, des pierres. Quand on mélange, on les entend se rencontrer. Le sumalak doit être remué pendant vingt-quatre heures d’affilée (!), et les femmes, pour cela, se relaient. J’ai remercié les filles et le vent d’avoir éclairci mes idées.

Le temps qu’il faut

Vingt-quatre heures plus tard, les choix étaient posés, les décisions prises, les mails envoyés. Ce qui m’avait paru si compliqué et inextricable avait maintenant le goût de fluidité.

Je t’écris depuis le train du retour. J’ai ramené les cailloux avec moi. Mais, c’est décidé, je vais les jeter dans la rivière en bas avant de pousser la porte d’entrée.

Voilà. Parfois, il faut du temps.
C’est ok.
Bienveillance et curiosité.

PS : Et maintenant, donc, que tout ça a bien bougé, je peux te le dire : les précommandes du livre arrivent très très vite :))

Psst, cet article a d’abord été publié sous forme de newsletter le 21 avril 2021. Envie d’en recevoir plus dans ta boîte aux lettres ? C’est par là !

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