Un ours sans histoire : « Je n’ai rien à raconter »

Cette semaine, j’ai passé quelques jours chez des ami·e·s-avec-enfants. Ça m’a donné une excellente excuse pour acheter des albums jeunesse avant de partir : j’assume moins de les acheter rien que pour moi.

En furetant dans les rayons, je suis tombée sur Un ours sans histoire, de Christian Merveille, illustré par Laurent Simon et édité chez NordSud. Déjà, s’appeler Christian Merveille et écrire des livres pour enfants, je trouve ça très beau.

Ma philosophie d’ateliers d’écriture dans un album jeunesse

Un ours sans histoire, c’est l’histoire d’un ours qui vit sa vie l’air de rien, tranquillement. Il rencontre souvent dans la forêt des animaux dans des plans foireux pas possibles, qui s’exclament « Oh là là quelle histoire, qui va bien pouvoir m’aider à sortir de là ? » Et l’ours, qui, en plus d’être sans histoire, est plutôt bonne patte, est toujours là pour les secourir. Mais il voit bien, qu’à lui, il ne lui arrive jamais rien, et il devient un peu ronchon de ne rien avoir à raconter. Mais bientôt (attention, je te spoile la fin pleine de suspens de cet album pour les 3-6 ans), tous les animaux de la forêt se mettent à parler d’un ours à l’histoire extraordinaire… lui, bien sûr ! Car, à bien y réfléchir, sa vie à lui aussi est une belle histoire. Et l’ours reprend donc celle-ci, sans faire d’histoire, mais en faisant de chaque instant… une chouette histoire.

un ours sans histoire

Quand j’ai feuilleté l’album dans la librairie, j’étais là à m’exclamer (intérieurement) à chaque page : « Mais OUI ! ». La prochaine fois qu’on me propose de faire l’exercice « Expliquez votre métier à un enfant de cinq ans » (on ne me le propose jamais en vrai, mais admettons), obligé, je parle de ce livre-là. Parce que finalement, c’est ce qu’on explore en ateliers : raconter l’ordinaire, le banal, le qui-est-déjà-là.

Développer son regard pour avoir des histoires à raconter

J’adore me dire qu’on n’a pas besoin de vivre des choses extraordinaires pour avoir de quoi écrire. Que c’est plutôt le regard qu’on pose sur les choses quotidiennes qui va colorer l’écriture, pas les choses en elles-mêmes. Ça a quelque chose de très apaisant pour moi. Ça me semble beaucoup plus accessible de développer son regard que de vivre des trucs potentiellement incroyables.

Pour moi, développer mon regard, c’est par exemple :

  • chercher des formes dans les nuages ;
  • faire des jeux de mots sur les noms des villages que je traverse quand je suis en voyage ;
  • plonger dans des univers dont je n’ai pas la moindre idée en écoutant Les pieds sur terre ;
  • fabriquer des rébus ou des charades ;
  • lire des livres pour enfants ;
  • etc.

Parce que dans ces choses-là, je trouve ce que j’ai envie de mettre dans mon écriture. De la poésie des mots et de la vie, des liens entre les gens, de la résilience et de l’émerveillement.

Et toi, comment est-ce que tu développes ton regard ?

Psst, cet article a d’abord été publié sous forme de newsletter le 29 mai 2022. Envie d’en recevoir plus dans ta boîte aux lettres ? C’est par là !

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